Textes pour la veillée de Noël 2015 / Paroisse Saint-Paul
 
Du Livre des Nombres : Nb 6,22-27
Le Seigneur parla à Moïse. Il dit :
« Parle à Aaron et à ses fils. Tu leur diras : Voici en quels termes vous bénirez les fils d’Israël :
“Que le Seigneur te bénisse et te garde !
Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce !
Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix !”
Ils invoqueront ainsi mon nom sur les fils d’Israël, et moi, je les bénirai. »
 
Où est-il, Seigneur, ton visage ?
Où est-elle, ta bénédiction ? Où, ta grâce ?
Comment, après tant de siècles, après tant de guerres, le monde a-t-il pu en arriver là ?
Pourquoi sommes-nous en colère, en proie aux tourments, et tentés par la haine ?
Pourquoi tant de questions, tant d’hésitations ?
Pourquoi tant de sang ?
En cette nuit, Seigneur, je voudrais que toutes les femmes,
que tous les hommes,
de tous les peuples, de toutes nations, de toutes croyances,
éprouvent l’envie irrésistible de redescendre de leur grandeur,
et de se faire plus petits, tout petits,
comme Toi, tu t’es fait tout petit aux premières heures de ta vie terrestre.
Comme j’aimerais, ô mon Dieu,
que se taisent, ne serait-ce qu’un instant,
le bruit des mots qui tuent, le bruit des lames, des clous, des balles !
Comme j’aimerais que ce monde,
qui s’habille si volontiers de lumières artificielles,
oublie, pour un moment seulement,
qu’il est capable du pire,
et qu’il se mette à l’écoute de ta Parole,
de cette Parole qui, seule, est capable du bien sans limite !
 
De l’évangile selon saint Luc : (Lc 1,57-67)
Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils.
Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle.
Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père.
Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. »
On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! »
On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler.
Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné.
À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu.
La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements.
Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui.
Zacharie, son père, fut rempli d’Esprit Saint et prononça ces paroles prophétiques :
Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël
qui visite et rachète son peuple.
Il a fait surgir la force qui nous sauve
dans la maison de David, son serviteur,
comme il l’avait dit par la bouche de Saints,
par ses prophètes, depuis les temps anciens :
salut qui nous arrache à l’ennemi,
à la main de tous nos oppresseurs,
amour qu’il montre envers nos pères,
mémoire de son alliance sainte,
serment juré à notre père Abraham,
de nous rendre sans crainte,
afin que délivrés de la main des ennemis
nous le servions, dans la justice et la sainteté
en sa présence, tout au long de nos jours.
Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut :
tu marcheras devant, à la face du Seigneur,
et tu prépareras ses chemins
pour donner à son peuple de connaître le salut
par la rémission de ses péchés,
grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu,
quand nous visite l’astre d’en haut,
pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort,
pour conduire nos pas au chemin de la paix.
 
Du Livre du prophète Isaïe, au chapitre 57 :
Le juste périt, et nul n’y prête attention ; les hommes fidèles sont enlevés, et personne n’y prend garde. En fait, c’est pour être soustrait au mal que le juste est enlevé ;
Par qui es-tu troublée et qui crains-tu pour mentir et ne plus te souvenir de moi, n’avoir plus souci de moi ? N’est-il pas vrai que tu ne me crains pas parce que, longtemps, j’ai gardé le silence ?
Moi, je vais parler de ta justice et de tes œuvres, qui ne te servent à rien.
Qu’elles te délivrent, lorsque tu crieras, tes collections d’idoles ! Le vent les emportera toutes, un souffle les enlèvera. Mais qui s’abrite en moi héritera le pays et possédera ma sainte montagne !
Et l’on dira : « Frayez, frayez la route, préparez le chemin ! Enlevez tout obstacle du chemin de mon peuple !
Car ainsi parle Celui qui est plus haut que tout, lui dont la demeure est éternelle et dont le nom est saint : J’habite une haute et sainte demeure, mais je suis avec qui est broyé, humilié dans son esprit, pour ranimer l’esprit des humiliés, pour ranimer le cœur de ceux qu’on a broyés.
À cause de ses profits coupables, je me suis irrité contre mon peuple ; je l’ai frappé en me détournant, j’étais irrité : il suivait, en renégat, le chemin de son cœur.
Ses chemins, je les ai vus, mais je le guérirai, je le conduirai, je le
comblerai de consolations, lui et les siens qui sont en deuil ;
et, sur leurs lèvres, je vais créer la louange. Paix ! La paix à celui qui est loin, et à celui qui est proche ! – dit le Seigneur. Oui, ce peuple, je le guérirai.
Nous voudrions tout, Seigneur, tu le sais !
Nous voulons tout, tout de suite, et pour rien !
Dans ce monde qui s’agite vainement loin de ta Face,
les hommes disent vouloir la paix, et pourtant font la guerre.
Les hommes disent vouloir le bien, et malgré tout font le mal.
Ils disent vouloir sauvegarder la terre, alors qu’ils sont en train de la noyer.
Ils disent, et ne font pas.
Et pourtant, un homme l’a bien écrit : « Et Dieu vit que cela était bon. »
Alors pourquoi ?
Pourquoi faut-il que l’humanité, à qui tu as donné tant de pouvoir,
tant de force, tant de savoir et tant de science,
pourquoi l’humanité gaspille-t-elle tant d’énergie à inventer sa propre mort,
alors qu’elle pourrait, avec un brin de foi,
faire pousser les arbres dans la mer et les fleurs dans le désert ;
partager les trésors, rendre les prisons inutiles,
et faire que dansent les montagnes ?
Cette humanité, que tu as aimée au point de te faire homme,
de naître, vivre, mourir pour qu’elle vive,
sait bien pourtant, au plus profond de son cœur,
qu’elle n’est pas Dieu, qu’elle n’est pas toi !
Alors, elle s’est mis en tête de t’oublier,
de se détourner de toi, de se passer de toi.
Et en te trahissant, elle se trahit elle-même.
En mettant sa foi dans le désir, la jalousie, l’envie, l’orgueil,
elle cède à la tentation fomentée par ton ennemi.
Mais ta lumière brille à jamais,
et personne, fût-il le plus puissant sur terre, ne pourra la faire s’éteindre.
Des femmes, des hommes, des enfants
font à chaque instant que cette Lumière s’avive, partout sur terre,
même au prix de leur sang.
Parce que ces frères, ces sœurs, tes amis,
croient que c’est Toi, et Toi seul,
qui es la source du Salut.
Cette Lumière brille au coeur de cette nuit,
elle guide nos pas vers le berceau de ta naissance.
Comme elle guida les pas des berges, puis des mages.
Cette lumière, encore fragile mais ô combien attirante !
Cette lumière, petite vie vacillante,
elle est pourtant la lumière qui éclaire les nations,
Elle est le signe de l’Amour d’un Dieu pour sa Création,
et nous accourons vers elle,
pour reconnaître en elle notre salut, notre Roi !
 
Textes de : Frédéric Monnin / Didier Rimaud